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Bons de travaux supplémentaires : comment facturer correctement les extras ?

"Allez-y, on arrangera ça." Quatre mots qui coûtent des milliers d'euros aux entrepreneurs. Voici comment documenter et facturer correctement les travaux supplémentaires.

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Bons de travaux supplémentaires : comment facturer correctement les extras ?

"Allez-y, on arrangera ça." Quatre mots qui coûtent des milliers d'euros aux entrepreneurs. Voici comment documenter et facturer correctement les travaux supplémentaires.

📋 En bref : Les travaux supplémentaires non documentés coûtent des milliers d'euros aux entrepreneurs. Un bon de travaux supplémentaires signé — avec description, prix, date et photo — vous prend 5 minutes et constitue votre seule protection en cas de contestation. Règle d'or : pas de signature, on ne commence pas.

Les travaux supplémentaires sont inévitables dans la construction. Vous ouvrez un mur et découvrez un problème d'humidité. Le client veut finalement une prise supplémentaire dans la cuisine. L'architecte modifie le plan après le démarrage. Ça fait partie du métier.

Le problème n'est pas le travail supplémentaire en soi. Le problème, c'est la façon dont vous le documentez. Ou plutôt : la façon dont vous ne le documentez pas.

Qu'est-ce qu'un travail supplémentaire sur le plan juridique ?

Un travail supplémentaire est tout travail qui ne figure pas dans le devis original. C'est un complément au contrat. En Belgique, la règle est la suivante : si le client accepte le travail supplémentaire (oralement ou par écrit), il y a un accord et vous pouvez le facturer.

Mais "le client a donné son accord oral" est difficile à prouver quand le client le nie trois mois plus tard. D'où le bon de travaux supplémentaires.

Le bon de travaux supplémentaires

Un bon de travaux supplémentaires est un court document comportant quatre éléments :

La description du travail supplémentaire. Pas "travaux supplémentaires salle de bains" mais "déplacement de la conduite d'évacuation de la position A vers la position B, y compris la fermeture du passage existant dans la dalle de sol."

Le prix. Hors TVA, avec le taux de TVA mentionné. Pour les petits travaux supplémentaires, un prix fixe. Pour une portée incertaine, une estimation avec la mention "sur base des coûts réels, estimation X €."

La date.

La signature du client. C'est l'élément le plus important. Sans signature, vous n'avez aucune preuve.

En pratique

Le chef d'équipe constate un problème sur le chantier. Il appelle le bureau. Le bureau établit un bon de travaux supplémentaires, l'envoie au client (par e-mail ou via le portail client), et le client signe numériquement.

Ou plus rapidement : le chef d'équipe prend une photo du problème sur place, décrit le travail supplémentaire dans l'application, et le client signe sur la tablette. Tout est numérique, tout est conservé.

Dans Enfin, vous pouvez créer des travaux supplémentaires directement depuis le projet. Le bon est lié au projet, avec photos, description et prix. Après approbation par le client, il devient automatiquement un poste facturable.

Combien pouvez-vous facturer ?

Il n'y a pas de maximum légal pour les travaux supplémentaires. Mais soyez raisonnable.

Si le devis original était de 20 000 € et que vous facturez 8 000 € de travaux supplémentaires sans communication préalable, vous avez un problème. Le client va contester.

La règle de base : les travaux supplémentaires dépassant 10 % du montant original doivent toujours être approuvés par écrit avant exécution. En dessous de 10 %, cela peut être plus informel, mais l'écrit reste toujours préférable.

Erreurs fréquentes

Mentionner le travail supplémentaire uniquement sur la facture finale. Le client reçoit une facture de 3 000 € supérieure à ce qu'il attendait, sans contexte. Cela se termine par une discussion, un refus de paiement ou une plainte.

Ne pas prendre de photos. En cas de vices cachés (humidité, pourriture, amiante), une photo au moment de la découverte est votre preuve que le travail supplémentaire était nécessaire. Prenez la photo avant de commencer la réparation.

Considérer l'accord oral comme suffisant. "Le client a vu et a dit que c'était en ordre." Ce n'est pas une preuve. Un bon signé ou un e-mail de confirmation est une preuve.

Le client qui refuse de signer

Parfois, un client refuse de signer un bon de travaux supplémentaires. "Ça aurait dû être inclus dans le devis" ou "c'est votre faute."

Dans ce cas, vous avez deux options.

Option 1 : vous n'exécutez pas le travail supplémentaire. Vous documentez le refus (par e-mail), vous photographiez le problème et vous continuez le reste du projet. Le risque est que le client se plaigne par la suite que le problème n'a pas été résolu, mais vous avez la preuve que vous l'avez proposé.

Option 2 : vous exécutez le travail supplémentaire à vos risques. Vous documentez tout, mais vous savez que vous ne serez peut-être pas payé. Vous ne faites cela que si le travail supplémentaire est nécessaire pour terminer le reste du projet (par exemple une poutre porteuse qui doit être remplacée avant de pouvoir refermer le mur).

Aucune des deux options n'est idéale. C'est pourquoi il est si important d'inclure dans votre devis une clause sur les travaux supplémentaires : "Les travaux imprévus seront discutés au préalable et feront l'objet d'un devis séparé. Les travaux supplémentaires ne seront pas exécutés sans approbation écrite."

En résumé

Les travaux supplémentaires sont normaux. Les travaux supplémentaires non documentés sont un problème. Un bon signé avec description, prix, date et photo vous prend cinq minutes. Ne pas le faire peut vous coûter des milliers d'euros.

Faites-en une habitude. Pas de signature, on ne commence pas. Simple.

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